Objectif « zéro contention » pour la prévention des chutes

Pour maîtriser le risque de chute, les soignants peuvent avoir recours à la contention. Cette pratique délicate n’est pourtant pas toujours nécessaire et peut s’avérer contreproductive dans la gestion des chutes

Les chutes sont souvent inéluctables, du fait du vieillissement. Elles sont lourdes de conséquences, tant physiques que psychologiques pour les personnes âgées et impactent lourdement le bien-être du personnel soignant.

Comment allier sécurité des patients et respect des libertés ? La contention pose de nombreuses questions au soignant. Comment contraindre tout en laissant libre chacun de ses choix ? Accepter la liberté de mouvement de nos résidents inclut souvent l’acceptation d’une prise de risque. C’est une équation tant quotidienne qu’insoluble.

La contention est présente dans 6 à 17% dans les hôpitaux.

Chez les plus de 65 ans, elle concerne de 18% à 22% des patients. En cas de démence, elle concerne plus de 50% des personnes.

En maison de retraite, 49% des résidents sont concernés.

Bien que ces chiffres baissent au fil des ans, ils concernent encore trop de personnes. C’est pourquoi, de nombreux plans « zéro contention » ont été mis en œuvre, d’abord en Flandre, puis en Wallonie

De quels types de contentions parle-t-on ?

Outre la contention chimique, présente en psychiatrie, il existe 4 autres types de contention physique :

  • Les contentions limitant la mobilité comme les liens ou les ceintures abdominales
  • Les contentions limitant la liberté comme l’isolement ou le confinement
  • Les contentions intégrées au mobilier comme les barrières de lit ou les tablettes de fauteuil
  • Les contentions virtuelles comme les surveillances électroniques

Comment protéger ses patients avec bienveillance

C’est souvent dans un contexte émotionnel fort que l’on décide d’installer une contention. Patience et méthode sont les maîtres mots.

Avant tout, la décision doit se prendre en équipe afin de ne pas se retrouver seul face à cette décision. Dans l’idéal la contention nécessite une prescription médicale, même si en Belgique, elle est considérée comme un acte infirmier délégué par le médecin (ne nécessitant pas de prescription).

Il est alors important :

  • D’informer le patient et sa famille. La contention doit être consentie pour être bien vécue
  • De recenser les facteurs déclenchants de l’épisode de confusion. La douleur, comme celle du globe vésical, ou la polymédication initient souvent des épisodes confusionnels.
  • De rechercher des alternatives et favoriser le calme. Cela peut aller de quelques gestes bienveillants et spontanés, jusqu’à la mise en place d’ateliers de bien-être.
  • D’assurer la sécurité, surveiller et réévaluer la nécessité de la contention.
  • De choisir le matériel de contention adéquat et avoir été formé à sa mise en place.
  • De surveiller très régulièrement les paramètres physiques de la personne : points de compression nerveux, apparition de rougeurs au niveau des points d’attache.
  • De veiller à l’hydratation et la continence de la personne

Les conséquences de la contention

Si la contention se révélait efficace, elle devrait limiter le nombre de chutes et les lésions corporelles. Or, c’est loin d’être le cas. Le nombre de blessures graves suite à une chute alors que le patient est en contention augmente même (17% versus 5%), (Tinetti, 1992).

Et quand on arrête la contention, le nombre de chutes a tendance à augmenter pendant une période de transition (sans que les blessures ne soient plus graves).

De plus, la contention mène très souvent, surtout si elle est prolongée, à une perte d’autonomie et à une augmentation de la durée d’hospitalisation (Frengley 1986).

Ainsi, l’impact de la contention sur la santé de la personne qui chute se situe à plusieurs niveaux :

Morbidité

La contention induit une immobilité néfaste pour le patient et des escarres peuvent apparaitre rapidement. Une immobilisation d’une semaine peut faire perdre jusqu’à 10% de la masse musculaire. La contention induit aussi la perte de la masse osseuse et une fonte musculaire. Ce qui accroit le risque de chute grave.

D’autres conséquences ont été rapportées, comme l’aggravation de la confusion et l’incontinence.

Mortalité

La contention est responsable de 1 décès sur 1000 personnes en institution (Miles 1992).

La gravité des blessures augmentant avec la contention, les risques de décéder par suite des blessures sont augmentés. Les barrières de lit étant souvent incriminées.

Vécu des soignants

Des sentiments d’anxiété, de frustration et la culpabilité accompagnent souvent l’infirmière lors de la mise en place de contentions.

Paradoxalement, le sentiment de sécurité pour l’infirmière n’est jamais rapporté. La contention est donc toujours un acte à risque, lourd de conséquences pour le résident et lourd de responsabilité pour le personnel soignant.

La contention ne protège pas des poursuites judiciaires

Ici, c’est « la nécessité d’une contention conforme et d’une surveillance du patient adaptée à son état » qui prime. Contenir les patients, oui, dans certains cas, mais avec beaucoup de précautions et de professionnalisme.

Il est possible de se passer de contention

Dans certains établissements d’hébergement, on n’utilise jamais de contention.

Pour cela, il faut que les soignants, ainsi que la famille soient convaincus que l’on peut s’en passer. Il faut alors discuter d’autres alternatives à mettre en place qui sont plus efficaces et qui n’impactent pas la qualité de vie.

Ces alternatives peuvent être la reconnaissance des facteurs de risque, des lits mis en position très basse, un aménagement de la chambre adapté, etc.

Aujourd’hui sont proposées de nouvelles techniques qui permettent de détecter de manière automatique une chute et qui seront de plus en plus fréquemment disponibles dans les établissements d’hébergement et de soins.

Intérêt d’ISA dans la surveillance et l’évaluation des patients sous contention

Le suivi de la contention est le maître mot ! Avec ou sans contention, garder l’œil sur son patient est la responsabilité de l’infirmière.

Une alerte rapide en cas de chute sous contention et une visualisation directe de ce qu’il se passe dans la chambre, comme le permet le système de détection des chutes ISA, permet de diminuer la mortalité et la morbidité des patients sous contention.

Découvrez l’exemple du CHWAPI pour la prévention des chutes

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